Cela fait maintenant plusieurs années qu'on constate un engouement pour le disque vinyle. Le phénomène perdure et il touche maintenant aussi un public plus jeune.
La commune de Fontaine-le-Comte, dans la Vienne, accueillait ce 25 janvier une bourse aux disques avec une trentaine d'exposants. Ils ont pu constater que l'engouement pour le vinyle perdure et fait même de nouveaux adeptes.
"Le retour du vinyle, ça fait plus de dix ans maintenant qu'il est installé mais ces dernières années, il y a un public très jeune qui s'y est mis, constate Guillaume Saintillan, disquaire à Poitiers. C'est un mouvement général en France et en Europe, il y a un retour au format physique. Les gens ont besoin d'avoir un objet entre les mains, de pouvoir le manipuler et l'écouter avec un certain rituel, ce qu'on n'a pas avec une écoute dématérialisée."
Pascal Bourdareau est disquaire à Angoulême et il participait aussi à ce salon. Il note une évolution notable des demandes de la clientèle ces dernières décennies : " Quand j'ai commencé, il y des albums que je vendais très bien à de très bons prix qui aujourd'hui n'ont plus d'amateurs. Par exemple, tout ce qui est yé-yé. Soit les amateurs ont déjà tout, soit ils sont décédés ! Alors que dans les années 60, j'avais du Sylvie Vartan dans les bacs et ça partait tout de suite."
Le succès de ce qu'on appelait il y a longtemps le 33-tours se remarque aussi à la hausse du prix des albums neufs. "Le prix des disques vinyles a énormément augmenté ces dernières années", confirme le disquaire poitevin Guillaume Saintillan. Travailler que sur des produits neufs avec des marges très faibles, c'est difficile. Les tarifs ont quasiment doublé en quatre ou cinq ans et pour un public jeune, c'est financièrement assez compliqué. C'est pour ça qu'il y a aussi un retour du cd qui est beaucoup moins cher, surtout d'occasion. Pour deux ou trois euros, on peut se faire plaisir et repartir avec un super album qu'on paierait dix fois plus cher en vinyle."
A Châtellerault, dans la Vienne, une petite entreprise de pressage de disques surfe sur cette vague depuis 2018 et huit ans après, la clientèle est toujours là, explique Sylvain Bodet, co-créateur de l'atelier de pressage : "On a commencé à un moment où il y avait une forte demande de la part de labels indépendants pour sortir des disques vinyles en petites et moyennes quantités. Nous sommes spécialisés dans les séries de 200 à 1 500 exemplaires. Le vinyle se porte bien, on pourrait produire plus si on embauchait du personnel supplémentaire, mais on ne sait pas non plus de quoi l'avenir sera fait."
Aujourd'hui, cette tendance est en tout cas bien présente. Elle peut exprimer une certaine nostalgie ou une forme de résistance à la dématérialisation des plates-formes musicales.
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