Le tribunal administratif de Grenoble examinait ce mardi 3 février deux recours déposés par plusieurs associations contre le projet de réaménagement de la route départementale RD1075 dans le Trièves (Isère). Ces dernières jugent le projet coûteux et contraire aux engagements climatiques.
Un budget de 57 millions d’euros afin de sécuriser 32 kilomètres de route entre le col du Fau et le col de la Croix Haute dans le Trièves , en Isère : c’est le projet mené depuis 2019 par le conseil départemental de l’Isère.
Il vise à la "sécurisation" de la RD1075, un "axe stratégique",via la création de 10 créneaux de dépassement à trois voies et le réaménagement de 21 carrefours.
D’après le Département, ce projet est d’utilité publique, car cette route, fréquentée par plus de 14 000 véhicules par jour en haute saison, présente "une forte accidentologie avec deux accidents par mois en moyenne".
"Cette route est la plus accidentogène du département de l’Isère. En 10 ans, 281 accidents. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, expose Bernard Perazio, vice-président du conseil départemental de l’Isère en charge des mobilités. Notre mission, c’est d’agir, agir pour arrêter cette hécatombe. L’idée, c’est d’aménager tous les carrefours que l’on a repérés comme dangereux".
"Des créneaux de dépassement permettront aux automobilistes de dépasser des véhicules plus lents. […] Le reste, ce sont des aménagements de sécurité, avec également des voies cyclables aménagées", poursuit le vice-président.
"Un projet du siècle dernier" selon les opposantsToutefois, ce projet de réaménagement de la RD1075 est contesté par plusieurs associations (Alternatiba, Trièves mobilité responsable, Les Lichens…) qui dénoncent un projet coûteux et contraire aux engagements climatiques.
Mardi 3 février, le tribunal administratif de Grenoble examinait les recours déposés par ces associations afin de contester la déclaration d’utilité publique (DUP) et l’autorisation environnementale (AE) associées au projet.
Pour ces opposants, l’argument de la sécurité routière n’est qu’un alibi : "Aujourd’hui, le département de l’Isère parle de sécurité. La réalité, c’est que ça va permettre aux voitures de rouler plus vite. Et derrière, on le voit bien, le département des Hautes-Alpes, sur la continuité, fait des aménagements pour les poids lourds. Donc, il n'y a pas du tout des questions de sécurité", dénonce Albin Petit, militant de l’association Alternatiba Grenoble.
Ce qu’on attend aujourd’hui, c’est que le projet soit stoppé net.
Albin Petit, opposant au projet
Les associations déplorent un projet qui favorisera avant tout le transit touristique et la circulation des camions : "Ce projet est complètement anachronique. Aujourd'hui, ce sont 57 millions d'euros qui sont mis sur la table pour un projet routier, pour faire passer des voitures et des camions. C'est vraiment un projet du siècle dernier", fustige Albin Petit.
"Aujourd'hui, les besoins dans le Trièves, c'est la mobilité du quotidien, ce sont les déplacements cyclables, c'est le train. […] Ce qu’on attend aujourd’hui, c’est que le projet soit stoppé net et que le département de l’Isère fasse un vrai projet d’avenir".
Un premier chantier de voie de dépassement lancé en octobreLe jugement a été mis en délibéré. En septembre dernier, le tribunal administratif avait rejeté un référé-suspension déposé par l’association Trièves mobilité responsable (TMR) visant à suspendre le chantier d’aménagement à Saint-Michel-les-Portes.
Ce dernier a démarré en octobre 2025 et est le premier d’une série de 10 voies de dépassement à créer. Les travaux devraient durer 17 mois.
article fr3 https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/un-projet-du-siecle-dernier-des-associations-s-opposent-au-reamenagement-de-la-route-la-plus-accidentogene-de-l-isere-3293592.html