Lors des manifestations, les agriculteurs déversent régulièrement toutes sortes de détritus comme des pneus ou des bâches. C'était le cas fin 2024 à Saint-Laurent-de-la-Prée, en Charente-Maritime, mais ces dizaines de polluants sont toujours sur place, ce qui irrite les défenseurs de l'environnement.
Des pneus, des bâches plastiques usagées, des tonnes de déchets à ciel ouvert en pleine zone Natura 2 000 entreposés : c'est le triste spectacle que l'on peut voir à Saint-Laurent-de-la-Prée, à côté de Fouras, en Charente-Maritime. Et voilà plus d'un an que ça dure, depuis les manifestations d'agriculteurs de décembre 2024.
"Qu'ils se mettent en colère, on peut comprendre", commente Jacques Maret, agriculteur et administrateur de l’association Nature Environnement 17. "Le préfet a obtenu qu'ils ne mettent pas des produits chimiques dans la réserve de la baie d'Yves mais ils ont déchargé leurs pneus le long de la 4 voies et personne ne sait quoi en faire. Le traitement de ces pneus coûte des milliers d'euros."
C'est bien gentil de faire des manifestations agricoles mais c'est la collectivité qui paye.
Jacques MaretAdministrateur de Nature Environnement 17
C'est en contrebas de la 2 x 2 voies qui relie la Rochelle à Rochefort que ces déchets sont répandus sur un site géré par le département de Charente-Maritime.
Cette parcelle sert de zone de stockage aux engins liés à l’exploitation de la RD 137 mais elle héberge aussi les restes des manifestations agricoles depuis plus d'un an. "Les manifestations agricoles de décembre 2024 ont généré beaucoup de déchets qu'on ne laisse pas sur la route et qu'on stocke provisoirement dans un dépôt,"commente Nathalie Corderoch, la directrice adjointe des infrastructures de Charente-Maritime. "C'est ce qui s'est passé ici. Aujourd'hui, le département s'attache à respecter le caractère sensible de toute la zone et on lance une consultation pour trouver un prestataire extérieur qui va réaliser l'évacuation de ces déchets. Ces travaux ne peuvent avoir lieu que deux mois dans l'année donc (NDLR pour la protection des espèces) et de toutes façons, on ne pouvait pas intervenir plus tôt puisqu'on attendait les conclusions d'un rapport environnemental remis fin 2025."
Et cette décharge accueille aussi malheureusement des dépôts sauvages qui s'ajoutent aux pneus de la colère agricole. Denis Métayer est administrateur de Nature Environnement 17 en charge du réseau sentinelles de la nature : "Ce n'est pas très beau dans le paysage. Cette décharge est fermée mais il y a quand même des dépôts sauvages et ça peut coûter cher à la collectivité."
article fr3 https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente-maritime/la-rochelle/c-est-la-collectivite-qui-paye-les-associations-environnementales-denoncent-l-abandon-en-pleine-nature-des-dechets-des-manifestations-d-agriculteurs-3309888.html



