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Date de création : 27.10.2009
Dernière mise à jour : 20.01.2026
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“Mourir sans polluer” : humusation,

Publié le 15/10/2025 à 17:07 par ensemble19syndicat Tags : image sur vie france monde article mort société centre four air demain nature coupable
“Mourir sans polluer” : humusation, cercueil en carton, cimetières verts, la révolution des funérailles écologiques en plein essor
Avec des matériaux qui vont se désagréger plus rapidement et une terre qui n'a pas connue de produits phytosanitaires, les responsables du cimetière naturel de Niort espèrent que la nature va faire son œuvre le plus rapidement possible
Avec des matériaux qui vont se désagréger plus rapidement et une terre qui n'a pas connue de produits phytosanitaires, les responsables du cimetière naturel de Niort espèrent que la nature va faire son œuvre le plus rapidement possible © Cyril Paquier - France Télévisions

 

 

À 14 ans, on rêve d'un futur vert. À 60 ans, on se demande quel héritage on laisse. Et si notre dernier geste était le plus puissant des actes écologiques ? Poitiers, Niort, La Rochelle, Angoulême ou encore Aytré innovent pour offrir des alternatives vertes.

 
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Aujourd'hui, être écolo, ce n’est plus seulement trier ses déchets ou rouler à vélo électrique. C'est aussi envisager notre tout dernier geste, celui de nos funérailles. Mais pensiez-vous que la mort était la fin de notre impact environnemental ? On s'est documenté, et la réponse est non.

Bilan carbone de la mort

Qu'il s'agisse des émissions de CO2 de la crémation ou de la contamination des sols et des nappes phréatiques due aux produits toxiques et aux matériaux non biodégradables, l'industrie funéraire pollue grandement et durablement. Le corps humain devient une source de pollution massive, même après la mort.

L'impact environnemental de la mort est une réalité prise au sérieux, particulièrement en Poitou-Charentes. Comment s'assurer que notre passage sur Terre ne laisse pas derrière lui une empreinte toxique ? La réponse est dans l'innovation et le retour au naturel. On vous explique.

L'industrie des funérailles classiques est la principale génératrice de pollution : le béton des caveaux, la coupe massive d'arbres pour les cercueils, et surtout l'utilisation du formaldéhyde (substance chimique utilisée pour la conservation des corps), un produit cancérigène qui s'infiltre dans les sols et les eaux. Il ne faudra pas moins de 10 litres de cette substance (cancérogène pour l’humain), injectée dans les corps lors de la thanatopraxie (les soins de conservation des corps qui concernent 70 % des défunts en France). Lorsque le corps est inhumé, le poison s'infiltre lentement dans le sol, menaçant directement nos nappes phréatiques et les écosystèmes souterrains.

Tombes dans le cimetière Chilvert à Poitiers.
Tombes dans le cimetière Chilvert à Poitiers. © Mathieu Herduin / MaxPPP
Des poisons retrouvés dans l’air et l’eau

Les études d’analyse de Cycle de vie de 2017 montrent qu’une crémation génère en moyenne 649 kilos d'équivalent CO2 (soit un trajet en voiture de plus de 1 100 kilomètres) alors qu’une inhumation classique équivaut à 620 kg d'équivalent CO2. Cela reste globalement très proche. Le principal coupable étant le gaz naturel, responsable de 56 % des émissions de gaz à effet de serre du rite. Et donc lorsque le corps est crémé, il est responsable du rejet de dioxines extrêmement dangereuses dans l'air, même avec les filtres imposés.

Four d'un crématorium de Nouvelle Aquitaine (Limoges)
Four d'un crématorium de Nouvelle Aquitaine (Limoges) © FTV - Martial Codet-Boisse
Béton et métaux lourds

Oubliez la vision romantique du retour à la terre. Avec l'inhumation classique, vous finissez souvent dans une boîte hermétique au milieu de produits chimiques, elle-même enfermée dans un caveau en béton. Le monument funéraire en granit, souvent importé de loin (Chine, Inde), s'ajoute à un bilan carbone colossal. Une inhumation incluant caveau et monument funéraire peut générer un impact équivalent à plus de cinq crémations. Le lieu de sépulture (stèles et caveaux en béton) représente à lui seul 88 % des impacts environnementaux de cette pratique.

Face à cette inertie toxique, le Poitou-Charentes a choisi de devenir un laboratoire des funérailles écologiques.

Dans les Deux-Sèvres, une entreprise veut remettre la nature au centre des sépultures grâce aux tombes et aux cavurnes végétalisées, fabriquées en acier corten.

 
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Les tombes végétalisées ont été inventées par un Deux-Sévrien. ©Cyril Paquier - France Télévisions

À Angoulême, l'accent est mis sur l'intégration paysagère des sépultures. Des spécialistes proposent des tombes végétalisées et écoresponsables (sépultures en pleine terre sans caveau), utilisant des plantes locales et durables pour créer des lieux de mémoire naturels. Les monuments funéraires privilégient les matériaux français, ce qui évite le surcoût carbone lié à l'importation.

À Niort, La Rochelle ou à Aytré, on a dit "stop au poison". Les cimetières écologiques sont devenus un modèle national avec interdiction absolue de la thanatopraxie, utilisation obligatoire de cercueils en carton cellulose ou en bois local brut, et surtout, l'inhumation se fait en pleine terre, sans caveau. L'objectif est la biodégradation rapide et propre, pour que la mort nourrisse la vie, et non l'inverse.

 
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Fini les stèles en marbre et les caveaux en granit, les défunts seront enterrés dans des cercueils en carton-cellulose ou en bois local brut, et surtout, l'inhumation se fait en pleine terre. ©France Télévisions

Ces derniers doivent respecter certaines règles, en faveur de la biodiversité.

Le cimetière de Souché par exemple, a ouvert en 2014. À l’époque, c'était une première en France. Aujourd'hui, plus de 400 défunts reposent ici, entre différents espaces : un pour les urnes, un pour la dispersion des cendres... et un pour les cercueils.

"Les cercueils sont obligatoires en France, mais ils doivent être en bois simples ici, de même que les défunts ne vont pas subir de soins de thanatopraxie, explique Amanda Clot, responsable des affaires funéraires de la ville de Niort. Dans ce cimetière, vous ne trouverez pas de monument".

Dans ce cimetière, vous ne trouverez pas de monument. La personnalisation des sépultures se fait avec des plantations.
Dans ce cimetière, vous ne trouverez pas de monument. La personnalisation des sépultures se fait avec des plantations. © Cyril Paquier - France Télévisions

"La personnalisation des sépultures se fait avec des plantations. Ici, l'idée, c'est vraiment de garder un esprit sous-bois. L'état d'esprit est de laisser faire la nature faire son œuvre, on sait que le corps est amené à se transformer et on ne va pas chercher à lutter contre ce phénomène de dégradation du corps, au contraire ! Avec des matériaux qui vont se désagréger plus rapidement, une terre qui n'a pas connu de produits phytosanitaires, qui est donc riche en micro-organismes, on espère que la nature va faire son œuvre le plus rapidement possible".

Dans ce cimetière végétalisées, pas de marbres ni de granit
Dans ce cimetière végétalisées, pas de marbres ni de granit © Cyril Paquier - France Télévisions

Aujourd'hui, l'engagement se traduit par une demande citoyenne forte pour aller encore plus loin : le retour complet au cycle du vivant.

Quand le corps devient arbre

L'humusation est le grand mot de cette décennie. C'est l'idée la plus radicale et régénératrice de transformer le corps du défunt en 1,5 mètre cube d'humus riche et fertile en l'espace d'un an, grâce aux micro-organismes et à un lit de broyat végétal. Seul problème, c’est interdit par la loi.

Le souhait de beaucoup de Français est que notre fin ne soit pas une charge pour la planète, mais une offrande. Nous voulons être les racines des arbres de demain.

Florence Valdès

Militante pour l'humusation

Cette cause est portée par Florence Valdés, présidente de l'association Humusation France. Implantée en Nouvelle-Aquitaine, elle mène le combat pour que la France reconnaisse cette pratique.

 
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Florence Valdès habite en Nouvelle-Aquitaine. Elle est la porte parole des défenseurs de l'humusation. ©France Télévisions

La législation française, datant de 1804, est la principale barrière. Seules deux options sont possibles. Le combat de l'humusation n'est pas technique, il est politique et symbolique. Il remet en cause la peur culturelle française du corps en décomposition.

C’est dommage de se priver d’une alternative qui pourrait réduire notre pollution.

Florence Valdès

Militante pour l'humusation

"Parlementaires, députés, sénateurs ont écrit au gouvernement pour relancer le débat, mais nous avons toujours la même réponse : que l’humusation pose des problèmes en termes d’éthique et en termes de respect du corps, relate-t-elle, convaincue. Ce sont des faux problèmes, on ne nous permet pas d’en débattre en face-à-face".

Reconstitution du procédé d'humusation.
Reconstitution du procédé d'humusation. © Anti-Quark pour France Télévisions

Le Conseil d'État lui-même a été mandaté pour lancer une "réflexion approfondie" sur ces pratiques.

L'humusation est interdite aujourd'hui, mais la porte de l'expérimentation est désormais ouverte.

"Il y a encore trop de personnes qui ne veulent pas penser au fait qu’on a une fin, je comprends que ça mette mal à l’aise, mais c’est réel,conclut Florence Valdés. Beaucoup de personnes passent leur vie à essayer de polluer le moins possible et à leur mort, ils n’ont d’autres choix que de polluer, soit avec l’inhumation, soit avec la crémation, ça n’a aucun sens."

Harmoniser les lois

Pendant que la France se débat avec ses lois napoléoniennes, le monde avance. Les barrières ne sont pas techniques, elles sont purement culturelles et juridiques. L'Europe et l'Amérique du Nord ont déjà validé des alternatives qui vont de la régénération écologique à l'ultime personnalisation :

  • Aux États-Unis, la Terramation (version industrielle, dans des caissons ventilés et nom générique du compostage humain) est légale dans six États, dont Washington, la Californie et New York.
Différences entre l'humusation et la terramation
Différences entre l'humusation et la terramation © https://humusationfrance.org/
 
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L'une des différences entre le terramation et l'humusation: la durée de composition du corps ©France Télévisions
  • L'Aquamation (ou hydrolyse alcaline) est l'alternative la plus efficace écologiquement. Le corps est dissous dans une solution d'eau et de potasse chauffée, ne laissant que les os. Le liquide obtenu, stérile, peut servir d'engrais. Cette pratique est légale dans plusieurs provinces du Canada et de nombreux États américains. Son bilan carbone est de loin le plus faible.
  • La Promession (lyophilisation du corps par azote liquide) est autorisée en Suède.

Ces techniques montrent qu'il est possible de respecter le corps et la dignité humaine, tout en assurant un impact nul ou positif sur l'environnement.

La pression est telle qu'elle commence à faire plier les institutions françaises. Lancé début 2024 par le CNRS, le Projet F-Compost constitue une avancée historique. En partenariat avec l'université de Bordeaux et l'association Humo Sapiens, l'objectif est d'évaluer scientifiquement la Terramation. Cette étude doit déterminer l'innocuité sanitaire et l'impact environnemental exact. Si la science valide, le droit devra suivre. Un sondage de 2024 révèle que 41 % des Français sont intéressés par la Terramation.

Pour beaucoup, le temps de la mort polluante est révolu. Alors, quel sera votre ultime geste pour la planète ?

article fr3 https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/beaucoup-de-francais-veulent-que-leur-mort-ne-soit-pas-une-charge-pour-la-planete-les-solutions-des-pionniers-des-obseques-ecolos-3225590.html