Née le 28 janvier 1873 et décédée le 3 août 1954, l’écrivaine aux mille vies fut romancière, journaliste, danseuse de music-hall… et première présidente du Goncourt. Elle créa même une marque de cosmétiques à son nom
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Date de création : 27.10.2009
Dernière mise à jour :
29.11.2025
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Femme libre, Colette est morte il y a 70 ans : huit choses que vous ignorez (peut-être) encore sur l’écrivaine de génie

Née le 28 janvier 1873 et décédée le 3 août 1954, l’écrivaine aux mille vies fut romancière, journaliste, danseuse de music-hall… et première présidente du Goncourt. Elle créa même une marque de cosmétiques à son nom
Sidonie-Gabrielle Colette dite Colette, est née le 28 janvier 1873 en Bourgogne, dans l’Yonne.. Elle est la dernière des quatre enfants de Sidonie Landoy, dite « Sido », remariée au capitaine Jules-Joseph Colette. Saint-Cyrien, ce dernier est devenu percepteur après avoir perdu une jambe lors de la bataille de Melegnano en 1859.
Gabrielle coule une enfance heureuse dans sa maison natale à Saint-Sauveur-en-Puisaye. Adorée par sa mère comme un « joyau tout en or », elle reçoit une éducation laïque. Sido, une féministe et une athée convaincue, lui apprend l’art de l’observation, notamment dans le jardin donnant sur la cour de la maison.
Amoureuse de la nature et de sa campagne bourguignonne, la jeune Gabrielle qui lit très tôt les grands classiques et prend des leçons de français et de style auprès de son père, grand lecteur de journaux, l’est tout autant de la littérature.
Son premier mari lui a « volé » ses « Claudine »
Portrait de Colette, vers 1896, par Ferdinand Humbert.
Gabrielle est encore adolescente lorsqu’elle rencontre Henry Gauthier-Villars, un critique musical très en vue à Paris de 14 ans son aîné. Elle tombe amoureuse de ce séducteur compulsif surnommé « Willy » et l’épouse en 1893. Il l’emmène dans les salons fréquentés par Proust, Debussy, Guitry… où l’on se moque gentiment de ses « r » roulés de Bourguignonne et de ses longues nattes blondes. « Vous devriez jeter sur le papier des souvenirs de l’école primaire ». Son mari et pygmalion, à la tête d’un atelier d’écriture de romans léger, l’encourage à écrire. « Gabri » noircit des centaines de pages mais Willy, déçu, les range dans un coin. Cinq ans après, il redécouvre les cahiers et les fait publier, en les pimentant de quelques grivoiseries, sous sa signature, « Willy ». En 1900, paraît « Claudine à l’école ». Gros succès. De 1901 à 1903, suivent trois « Claudine ». Lorsqu’elle apprend en 1909 que son joueur invétéré de mari a vendu les droits de « Claudine », elle exige le divorce. Elle réglera ses comptes dans « Mes apprentissages » (1935).
Claudine à l’école, Librairie Paul Ollendorff, 1900, couverture illustrée par Emilio Della Sudda (1867-1924).
Une des journalistes les plus prolifiques de son temps
Sa devise : « Il faut voir et non inventer «
Colette est encore mariée à Henri Gauthier-Villars et elle écrit les premiers volets de la saga « Claudine », lorsqu’elle publie ses premières chroniques musicales dans le quotidien « La Cocarde ». Nous sommes à la fin du XIXe siècle. Critique, reportage, enquête, nouvelle : elle maîtrise tous les formats et traite avec un extraordinaire talent d’écrivain de mille sujets aussi divers que la vie des femmes pendant la guerre, l’arrestation de Jules Bonnot ou les mondanités parisiennes. Sa devise : « Il faut voir et non inventer «. Elle sera l’une des journalistes les plus prolifiques de son temps et collaborera tout au long de sa vie à de nombreux titres, de « La Fronde » au « Figaro « en passant par « Le Matin », dont elle dirige les pages littéraires, « Le Mercure Musical » (elle y publie une partie de ce qui deviendra Les Vrilles de la vigne), « Paris-Soir » et « Marie Claire ».
Actrice et danseuse de music-hall « scandaleuse »
Colette dans la pantomime « Rêve d’Égypte » au Moulin-Rouge en 1907, photographiée par Léopold-Émile Reutlinger.
En 1906, après treize années de mariage, Colette divorce de Willy. Un acte fort, lourd de symboles dans la France de l’époque, qui marque l’émancipation intellectuelle de celle qui deviendra l’illustre femme de lettres qu’on connaît. Soutenue par son ami Georges Wague, comédien et mime de l’Opéra de Paris, elle entame alors une carrière parallèle dans le music-hall. Ses premières représentations sur les planches de l’Olympia, où elle s’essaye aux pantomimes lui valent une critique dithyrambique dans la presse parisienne. « Le Figaro » dira d’elle que « L’étrangeté expressive de sa mimique subjugue tous les Parisiens ». Plus que son visage, c’est son corps tout entier que Colette dévoile au public, lors de représentations qui font rapidement scandale.
Colette vers 1912. Photo de Henri Manuel.
Trois maris, une fille et une bisexualité assumée
Une « Joyeuse ogresse »
François Mauriacdécrit Colette comme une « Joyeuse ogresse ». Et c’est vrai qu’elle croque à pleines dents la nature, les hommes, les femmes. Elle transpose sa première expérience homosexuelle avec l’Américaine Georgie Raoul-Duval dans « Claudine en ménage ». Au début de l’année 1907, elle se produit au Moulin Rouge dans « Rêves d’Égypte », aux côtés de sa maîtresse Missy, la Marquise Mathilde de Morny. Le baiser qu’elles échangent sur scène à la fin du spectacle provoque un tollé, sans nuire pour autant à sa carrière qui se poursuit dans les plus grandes salles parisiennes et dans toute la France.
Colette et Missy, sa grande histoire d’amour, rue de Villejust, Paris, mars 1910.
Avec son deuxième mari, Henry de Jouvenel, rédacteur en chef du Matin, elle donne naissance en 1913 à une fille. Ce sera son unique enfant. Baptisée Colette, elle est placée en nourrice par sa mère. Jouvenel, aussi volage que Willy, et accaparé par sa carrière de diplomate et de futur ministre, la délaisse. Colette, bientôt la cinquantaine, séduit son beau-fils de 17 ans. Leur liaison dure cinq ans. Jouvenel humilié la quitte en 1923.
Colette, par Henri Manuel.
Très vite, Colette rencontre Maurice Goudeket, homme d’affaires et journaliste, qu’elle épouse en 1935. Ce troisième et dernier mari sera son compagnon idéal. En 1938, ils s’installent au Palais-Royal où il sera arrêté dans une rafle antisémite. L’écrivaine, qui ne condamnera jamais publiquement Vichy, obtient sa libération avant sa déportation.
Directrice d’un institut de beauté
Plus surprenant, en 1932, contre l’avis de son entourage, Colette ouvre un institut de beauté rue Miromesnil, à Paris, subventionné entre autres par son amie Winnaretta Singer, dite Winnie, Princesse de Polignac. Ce projet concrétise l’intérêt de l’écrivaine pour les cosmétiques, qu’elle fabrique elle-même avec des fruits, des légumes et du cold-cream. Dans un texte de 1933, elle détaille les différentes facettes d’une industrie cosmétique en plein essor, qui sublime la femme autant qu’elle la contraint. L’institut, où Colette maquille elle-même ses clientes, ne connaît pas le succès escompté. Il marque toutefois un tournant clé dans l’histoire de la mode et de la beauté, puisque Colette est l’une des premières personnalités de l’époque à donner son nom à une marque de cosmétiques.
Première présidente du Goncourt
Chez Drouant devisant avec Francis Carco, entourée du romancier Roland Dorgelès, de l’auteur de théâtre Armand Salacrou, de l’acteur Philippe Hériat, de l’écrivain André Billy et de l’essayiste Gérard Bauer." width="545" height="373" /> Colette, présidente du Goncourt de 1949 à 1954.. On la voit ici au restaurant Chez Drouant devisant avec Francis Carco, entourée du romancier Roland Dorgelès, de l’auteur de théâtre Armand Salacrou, de l’acteur Philippe Hériat, de l’écrivain André Billy et de l’essayiste Gérard Bauer.
En 1945, Colette est internationalement reconnue : à 72 ans, elle est la deuxième femme à être élue membre de l’académie Goncourt, après Judith Gautier en 1910. Elle remplace Jean de La Varende qui démissionne pour ses écrits dans des journaux collaborationnistes. C’est pourtant le cas également de Colette qui chronique sous l’Occupation pour « La Gerbe », collaborationniste, ou « Signal », revue allemande de propagande. Protégée d’Aragon, elle échappe à l’épuration, raconte Bénédicte Vergez-Chaignon dans « Colette en guerre ».
Octobre 1952. Colette dans sa maison du quartier du Palais-Royal à Paris., en octobre 1952, deux ans avant sa mort.
Elle préside le Goncourt de 1949 à 1954. « Avant les délibérations », racontait Edmonde Charles-Roux, (présidente de 2002 à 2014), « Colette téléphonait à deux ou trois amis et cela suffisait à orienter le vote ».
La réalisatrice française Jacqueline Audry, Colette et l’actrice Danièle Delorme lors de la signature du contrat d’adaptation cinématographique de « Gigi » dans l’appartement de l’écrivaine à Paris en 1948.
Première femme en France à recevoir des funérailles nationales
Progressivement paralysée dans son lit par l’arthrite, Colette meurt à 81 ans, le 3 août 1954 à Paris.

L’Église lui refuse des funérailles religieuses. Mais l’État organise des obsèques nationales, les premières pour une femme, au Palais-Royal. Une foule se presse autour du cercueil de Colette, recouvert du drapeau. Tout autour, un tapis de dahlias. Elle est ensuite inhumée au Père-Lachaise, à Paris.